Presse

2eme article le parisienarticle-le-parisien-avril-2014-uzbin

–> Valeurs Mutualistes n° 289 – Mars/Avril 2014

 » REVIVRE APRÈS LA MALADIE

Et s’ouvrir à d’autres possibles

Toujours bouleversante, la maladie peut aussi être invalidante. Elle impose alors des renoncements et ouvre à d’autres possibles la réalisation d’un rêve longtemps repoussé, la découverte d’une nouvelle passion ou d’un talent ignoré. Doris Valerio a été transformé au plus profond de lui-même après avoir perdu la vue suite à une rétinopathie en 1987 survenue à l’aube de ses trente ans. Avant, Doris était un aventurier qui travaillait dans la restauration et adorait faire des raids en moto. Son handicap l’a obligé à y renoncer. Il lui a fait perdre son travail, donc son salaire  » et beaucoup d’amis « . Puis, il s’est intéressé au monde des non-voyants et s’est initié à la sculpture. Très doué, il a fini par ouvrir son propre atelier. Aujourd’hui, il vit de son art, organise des expositions en France et à l’étranger et est régulièrement sollicité pour donner des cours et des conférences. Lui qui, autodidacte, ne connaissait rien au monde de la culture.

Sa perception surtout a changé.  » Je ne vois pas avec mes yeux mais avec mon coeur, au delà des apparences. Je suis plus à l’écoute des autres, moins tourné sur moi-même. Surtout, je suis heureux. Très heureux. Malgré le handicap, ma vie est riche. Les gens viennent naturellement vers moi et je prends les difficultés comme autant d’aventures. (…) »

Lui aussi a connu la colère et la rage, le sentiment d’injustice, l’isolement, le découragement avant d’adopter cette philosophie très positive de l’existence.  « 

 

 

–> Article de presse. LE PARISIEN – Février 2011
Livry-Gargan
Doris, le sculpteur de la nuit
Gwenael Bourdon

 » …Son oeuvre « Rêves et Regards » trône au centre d’une fontaine à Niort (Deux-Sèvres).Ses sculptures ont remporté de nombreux prix, au gré de concours qui l’ont parfois conduit jusqu’au Japon. Mais Doris Valério travaille toujours dans son petit box mal chauffé, au fond d’une résidence tranquille de Livry-Gargan.
La ville s’apprête à lui rendre hommage, avec une exposition au château de la Forêt.
Dans son atelier minuscule, Doris Valerio polit une silhouette de plâtre aux formes féminines, sous l’oeil de Dali dont un portrait est punaisé au mur. Sur une étagère, quelques-unes de ses premières oeuvres : une silhouette d’oiseau aux allures de gargouille, un visage où s’enroulent deux mains… Pour modeler ses sujets, Doris Valerio ne peut se fier qu’à une chose : le toucher, et le souvenir des formes qu’il a vues jadis.
Devenu aveugle à 30 ans
Car le sculpteur est devenu aveugle il y a plus de vingt ans à la suite d’une maladie. Il avait alors trente ans, une passion pour la moto et les voyages… « J’ai tout perdu, mon emploi, mon argent, mes amis », résume d’un ton léger cet homme d’allure robuste, aux longs cheveux blonds.
En participant à un atelier de modelage réservé aux non-voyants, Doris se prend au jeu de la sculpture. Assez vite, il remporte un premier prix dans un salon. En 1998, à Kyoto au Japon, le jury du Salon d’art international décerne le prix du gouverneur à l’oeuvre « Bonheur »… sans savoir que l’artiste est aveugle. « Quand il participe à des salons, il prend soin de cacher son handicap », confie une proche. Il faut dire que les premiers pas de l’artiste n’ont pas été faciles : « Quand un galeriste me voyait arriver avec mon chien d’aveugle et mon dossier sous le bras, il se demandait vraiment à qui il avait affaire, se souvient-il. Aujourd’hui, les gens commencent à me reconnaître comme un vrai sculpteur. »
…  Au fil des années, il a affiné ses techniques, pour produire des formes épurées, toujours symboliques et rappelant parfois le trait d’un Brancusi. « Pourtant, je n’ai jamais vu ses oeuvres ! », confesse Doris, qui trouve plutôt l’inspiration dans ses souvenirs de voyages.  »

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Prochaine exposition

    Festival de Magné – Marais Poitevin

    Samedi  22 et Dimanche 23 Juillet 2017

  • M.T. CORTINA

    "Habituellement, quand on regarde un tableau, une sculpture dans son aspect extérieur visible, à partir de là, on "imagine’’ ce qu’a pu percevoir l’artiste. La plupart du temps on ne fait d’ailleurs que percevoir nos propres réactions à cette vision. Chez Doris, sans doute à cause ou grâce à sa cécité, ce mode classique est dérouté et nous laisse un moment perplexe. Lui, après une période où il montrait ses souvenirs de "voyant’" nous montre désormais uniquement les "lignes de force" qui chez les autres artistes sont cachées. Il s’agit donc ainsi de ses "lignes de force" personnel, ce qui le soutient, le pousse et le tire vers le haut, vers l’essentiel, sa "cause". Peut-être même la cause de tout être vivant, manifesté à travers ses actes, ses exigences, sa nature profonde et fondamentale, bref, sa juste note, son juste son. Il est lui."
  • Marc BATTESTINI Historien d’art :

    "Sculpter est l'art ou la manière, selon le talent ou le génie, de transformer la matière, d'y imprimer sa marque créatrice. Par une mystérieuse alchimie de pensée, la main exécute ce que l'œil contrôle. Ainsi s'inscrit dans l'espace qui est aussi celui du temps, la forme, synthèse de l'esthétique aboutie. Pour Doris, le mystère reste entier car seule la main exécute. Comment imaginer alors qu'il n'y ait pas transformation mais transmutation? Là réside toute la force envoûtante de son œuvre."
  • .

    • 29,008